DANS L’INDUSTRIE DE LA VIDÉO PORNO,UNE ACTRICE PORNO A DU MAL À PERCER SI ELLE REFUSE LA DOUBLE PENETRATION ou SODOMIE ?
L’appât du gain dope aussi cette industrie. Beaucoup sont persuadés
de pouvoir y faire fortune. Mais une surprise les attend : l’argent facile est
un leurre. En 1999, Gilles Thibault et deux autres
partenaires ont mis sur pied Mea Culpa, un site où les internautes
peuvent consulter des «photos de charme». «Au départ, on pensait devenir
millionnaires. Mais on a déchanté : on fait à peine 9 000 dollars de profits
par année, qu’on se partage à trois! C’est devenu un revenu d’appoint.»
L’argent ne coule pas non plus à flots dans la fabrication de produits érotiques,
même si les Québécois sont les plus grands amateurs de jouets
lubriques au Canada et les clients les plus assidus des sex shops. «Chaque
année, des fabricants se cassent les dents en tentant de percer le marché
local et mondial», estime Sylvain Séguin, créateur des produits Shunga,
à Montréal. Lui a eu plus de chance : ses crèmes
orgasmiques et ses peintures pour le corps au chocolat, lancées sur le marché
en 2001, sont maintenant vendues dans 70 pays. «J’avais de bons contacts
avec des distributeurs étrangers, car je travaille dans l’industrie de la
fabrication de produits érotiques depuis plus de 20 ans.» C’est d’ailleurs
à lui qu’on doit les fameuses fleurs en condom, qui ont fait un malheur à la fin
des années 1980. Quant aux danseuses nues, masseuses
érotiques, actrices pornos ou prostituées, «elles ne font pas une
tonne d’argent, comme certains l’imaginent», affirme Jenn Clamen,
porte-parole de Stella, un organisme communautaire géré par et pour les
travailleuses du sexe. Par exemple, une escorte à temps plein dans une
agence peut gagner 40 000 dollars par année – une somme cependant
exempte d’impôt, puisque la plupart ne déclarent pas leur revenu. Les actrices
gagnent environ 1 000 dollars pour le tournage d’un film pornographique à
Montréal. Cependant, la notoriété peut faire gonfler les cachets.
Selon la sexologue Pascale Robitaille, les mieux nanties sont en général les
escortes indépendantes, suivies des danseuses nues et des masseuses
érotiques. Leurs horaires sont toutefois variables et leurs journées
de travail exigeantes – 12 heures en ligne dans les salons de massages,
entre autres. Aucune ne reçoit de salaire de base garanti, sauf exception.
Et pour les avantages sociaux, on repassera.
Une situation que René Thibert entend améliorer, du moins pour les danseuses
nues. Propriétaire depuis 10 ans du bar d’effeuilleuses Le Faucon
bleu à Mont-Tremblant et d’une agence de placement de danseuses, il a lancé
ce printemps un projet d’association professionnelle pour les danseuses
nues du Québec, dont il évalue le nombre à 10 000. Le but premier est de
leur délivrer un permis de travail. Ce document garantirait aux propriétaires
de bars qu’elles sont majeures tout en permettant aux femmes de bénéficier
d’assurances collectives pour les soins dentaires et les médicaments. «Je suis
devenu prospère grâce aux danseuses; je veux maintenant faire quelque chose
pour elles.» «PLUS PLUS»
Reste qu’en général, selon des spécialistes et artisans du milieu, les
conditions des travailleuses du sexe