Un bar de danseuses nues pourrait faire capoter un investissement de 176 millions de dollars au centre-ville de Montréal. Les promoteurs du Quadrilatère Saint-Laurent craignent un dérapage semblable à celui qui a mené à l’échec du projet de partenariat entre le Casino et le Cirque du Soleil, en 2006, au bassin Peel.
La Société de développement Angus (SDA) souhaite construire un bâtiment à l’angle des rues Ste-Catherine et St-Laurent. Elle veut aussi aménager un autre édifice du côté ouest de Saint-Laurent, mais doit attendre la décision de la Ville.
Les opposants au projet agacent le promoteur, qui craint que les politiciens hésitent à prendre une décision à l’aube d’une élection. «La crainte que nous avions, c’est que ça dérape, surtout sur le plan médiatique, et que ça fasse en sorte que nos élus se disent: c’est une patate chaude, on va attendre après l’élection. Et si on attend après l’élection, je vous le dis, il n’y a plus de projet», dit Christian Yaccarini, PDG de SDA.
Il n’y aurait plus de projet parce qu’Hydro-Québec a signé une entente avec SDA pour l’occupation de 30,000 mètres carrés dans le futur édifice, mais sa décision doit être prise au plus tard à l’automne.
«La façon dont le projet est organisé ne tient pas vraiment compte, un petit peu, du rythme des bâtiments de la rue Saint-Laurent », soutient Dino Bumbaru d’Héritage Montréal.
Des militants de la contre-culture veulent sauver le Café Cléopâtre, un bar de danseuses nues qui serait, selon eux, le dernier vestige d’une époque révolue.